Compagnie émergente créée en 2021 à Reims, la Cie LGNC (Les Gens N’importe Comment) porte le travail artistique de Marie Barbottin.
Après un Vif du Sujet qui avait déjà éveillé son désir de porteuse de projet en 2013 avec Pierre Pontvianne, Marie a envisagé un premier projet personnel pour le jeune public en 2022, La Chambre d’eaux.
Cette pièce, portée en production déléguée par Le Manège, scène nationale – Reims, et dont les prémices sont nées lors d’une longue résidence artistique en milieu scolaire rural, interroge la construction de soi au prisme du genre et des injonctions faites à l’enfance.
Un langage s’est inventé au croisement du texte (commande d’écriture passée à l’autrice Catherine Verlaguet), de la danse, de la langue des signes française et de la musique en live au plateau.
Au sein d’LGNC, Marie explore une recherche chorégraphique qui se déploie autour de cinq axes de travail, tissant progressivement un langage en mouvement.
Corporéité politique et perspective féministe
La pratique artistique de Marie cherche à articuler sphère intime et sphère politique, dans le sillage des réflexions féministes sur les liens entre l’intime et le politique. Cette recherche se traduit par un langage chorégraphique, textuel et performatif qui engage le corps comme espace de résistance et de mémoire. La corporéité développée aspire à s’inscrire dans un continuum de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, faisant du mouvement un possible acte de conscientisation et de transformation.
Regard critique sur les systèmes de représentation
La recherche questionne les systèmes de représentation qui structurent nos imaginaires et façonnent nos corporéités. Il s’agit de tenter de conscientiser et de repenser ces cadres au prisme de l’art vivant. La scène devient alors un laboratoire d’expérimentation où peuvent émerger d’autres modalités de représentation, où les assignations identitaires sont mises en jeu, et où peuvent se chercher des formes de subjectivation non normatives.
Hybridation des médiums et déplacement chorégraphique
Le travail s’attache à conjuguer le champ chorégraphique avec les champs littéraire, théâtral et philosophique. Cette hybridation constitue une manière de déplacer constamment les cadres de la création, cherchant à faire de la chorégraphie une pratique qui pense autant qu’elle danse. Le croisement des médiums ouvre des espaces où le corps en mouvement dialogue avec le texte, la parole et la pensée philosophique, dans une porosité fertile entre les disciplines.
Altérité et pluralité des écritures corporelles
Marie diversifie ses collaborations artistiques avec le désir d’interroger corporellement l’altérité et d’explorer la pluralité des langages du corps en mouvement. Cette démarche collaborative envisage le corps comme archive vivante, capable d’accueillir et de transmettre des savoirs corporels multiples. La rencontre avec d’autres artistes et d’autres pratiques devient un moteur de renouvellement, comme une invitation à habiter et penser le corps autrement.
Porosité entre champs culturel, social et sociétal
Le travail d’LGNC aspire à un monde inclusif en recherchant une perméabilité tangible entre les champs culturel, social et sociétal. Cette visée se concrétise par un travail auprès des publics et une pratique de terrain qui nourrissent le geste créatif. Cette méthodologie s’inspire de démarches participatives envisageant les publics comme co-constructeurs possibles du processus artistique, inscrivant la création dans une écologie où l’art dialogue constamment avec le social.